Projet professionnel 1/3

Je sais la chance que j’ai de faire ces études. Elles vont me donner accès à un certain nombre de privilège que d’autres n’ont pas : un bon salaire, qui deviendra sûrement très bon avec les années si je me débrouille bien, des congés payés, le tout dans un secteur dont on aura toujours besoin.

Mais si c’est pour vivre cette vie facile comme j’ai vécu mes études, me rendre compte de ma chance sans parvenir à m’en réjouir, la culpabilité qui remet une couche de déprime par dessus, regretter de ne pas avoir au moins essayé de faire ce qui me plaisait, alors je ne suis pas sure de vouloir de tout ça – aussi ingrat que ça puisse sembler.

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Le week-end de la win

Ça commence vendredi, quand on abandonne les vaches à leur traite pour aller au concert de X Japan et chanter Kurenai en vrai, en live.

Ça continue samedi, quand on refait sa garde-robe à des prix tellement exorbitants qu’on se demande si le mot “solde” n’a pas changé de définition depuis la dernière fois.

Et ça se termine par un dimanche passé à faire la kéké en pikachu à la Japan Expo.

Awesome !

KAITO

Encore un dessin+colo qui m’aura pris bien trop de temps à faire compte-tenu du résultat final  (ça ne se voit pas, mais je me suis méga appliquée. Encore plus que pour la fille pirate. C’est triste hein ?). Je l’ai commencé il y a plus de trois semaines, mais entre temps je me suis procurée Pokemon version Noire, donc eh, quand on a un emploi du temps de ministre comme moi, il faut savoir cerner ses priorités.

…dessin

Je n’ai fait aucun progrès en dessin (bonjour, fille anorexique tournée bizarrement), par contre j’ai l’impression de mieux m’en sortir niveau coloration. Ce n’est pas du tout le résultat que je voulais mais étant donné que je ne sais toujours pas placer correctement les ombres, y’avait peu d’espoir que j’y arrive.

J’aurais essayé hein.

Un ami m’a fait remarquer que les luttes pour les droits des femmes étaient un peu dépassées, qu’elles n’étaient justifiées que pour les “anciennes générations”. Nous, les jeunes, étions parfaitement conscients qu’une femme n’était pas un sous-homme, et il était donc convaincu que les inégalités de salaire disparaîtraient quand tous ces anciens de la vieille école partiraient à la retraite.

Les salaires sont loin d’être le seul problème, ils font partis d’un tout. Pourtant, je n’ai pas réussi à trouver d’exemples concrets à lui donner. Je n’ai même pas pensé à lui parler de ce qui m’avait fait, moi, devenir féministe.
Rien à voir avec les salaires, les magazines féminins qui nous parlent comme à des attardées, le modèle de la femme forcément épanouie avec ses enfants, son mari et sa maison à s’occuper. J’étais bien consciente de toutes ces petites choses – je passais déjà pas mal de temps à lire les articles de Maïa Mazaurette – mais jamais je ne m’étais sentie vraiment concernée. Si j’en étais consciente, alors tout le monde l’était, et comme tout le monde voulait forcément que ça change, eh bien, ça finirait bien par changer, hein ?

Je suis alors partie en stage, où j’ai rencontré Marina. Ses parents sont agriculteurs, elle le sera aussi. Elle est forte, physiquement comme mentalement, elle travaille dur, elle a du caractère, n’hésite pas à gueuler pour se faire entendre. Elle a aussi un copain, 27 ans, pas toujours très futé, qui n’a jamais fait la cuisine ou le ménage de sa vie. Il est un homme, après tout. Et puis c’est comme ça qu’on faisait, avant. Une ou deux fois, je lui ai fait remarqué qu’avant, il aurait dû labourer ses champs avec un cheval, qu’avant, les femmes ne travaillaient pas dans la ferme comme sa copine le fait aujourd’hui. Elle aimait bien ça, Marina, que je lui rappelle quelques notions d’égalité.

Malheureusement, le féminisme dans leur vie s’arrêtait à mes discours (si on peut appeler “féminisme” le partage des tâches ménagères). Je crois qu’elle aurait bien aimé être dans ce monde où elle n’aurait pas eu à faire le ménage et la cuisine, où elle n’aurait pas mangé toute seule le soir, pendant que le père de son enfant se prenait une cuite chez le voisin qui avait un jour essayé de la peloter. Elle ne dit rien, ce serait inutile, ç’a toujours été comme ça, elle ne peut rien y changer, les femmes se sont toujours occupées de la maison, c’est leur rôle et elle fait avec. Et si son copain est incapable de se faire chauffer des raviolis, même le soir où elle veut aller fêter son anniversaire en boîte, tant pis, elle n’ira pas et restera lui cuisiner quelque chose.

Qu’on ne me dise pas que c’est une exception, que certaines femmes n’ont pas la force ou le courage de s’opposer à ce qu’on leur impose. Ça existe surement, mais ce n’est pas le cas de Marina. Au contraire, Marina, elle l’engueule tout le temps, à coup de “connard, casse-toi, t’es vraiment trop con”. C’est juste que pour elle, comme pour toutes les femmes élevées ainsi, cette situation est normale. Pour preuve, Mélanie, 25 ans, également employée de la ferme, qui pensait que si je ne voulais pas débarrasser la table pendant que ces messieurs buvaient leur café, c’était tout simplement parce que j’étais feignante.

J’aurais dû raconter tout ça à cet ami pour qui la journée des droits des femmes est obsolète. Il aurait peut-être compris que toutes les couches sociales n’ont pas la chance de recevoir son éducation, et qu’il faudra que les féministes se battent encore un certain nombre d’années avant que les concepts qui nous semblent si évidents n’atteignent les oreilles de certaines.

Et sinon, si vous n’êtes pas convaincus ou si vous avez eu la flemme de tout lire, le meilleur blog francophone 2010 en parle aussi dans un article bien mieux que celui-ci.

Bon, cet article est parfaitement déprimant. Pour la peine, je vous offre une blague :

Si, c’est drôle.

Panama

Au Panama, certains oiseaux ont le même cri que les cochons d’Inde. J’ai mis pas mal de temps pour m’en rendre compte, j’avais l’impression que beaucoup de gens se promenaient avec des cochons d’Inde dans les poches…

Des vendeurs à la sauvette viennent  vendre des brosses-à-dent dans le bus. Des musiques et des DVD piratés aussi.

Fast-food, obésité, 4×4 japonais, centre commerciaux gigantesques… La classe moyenne qui commence à émerger  (ou du moins une partie) aime vivre à l’américaine.