Dix ans

Un peu paumée dans mon orientation professionnelle, je repensais à ce que je disais quand j’étais petite. “Moi plus tard, je ne veux pas travailler dans un bureau. Je travaillerai avec des animaux”. Or, “moi plus tard” travaille dans un bureau et ne rêve que de le quitter pour aller bosser avec des animaux. Comme quoi, j’ai probablement merdé quelque part. Je repensais donc à ces lettres “à mon moi d’il y a 10 ans”, et j’essayais d’imaginer ce que je me dirai si je pouvais aller à ma rencontre dans le passé. Mais quel conseil on peut se donner ? Un conseil viserait à éviter une situation déplaisante, ce qui veut dire qu’il y a certaines situations que j’ai vécu et que je voudrais éviter.

Alors oui, dans l’idéal, je ne me serais pas lancée dans des études longues et inintéressantes, mais dans les faits, ça m’a quand même apporté plein de choses. Je n’aurais certes pas rencontré des gens tellement machistes qu’on les croirait sorti du siècle dernier, mais du coup je ne serais pas devenue féministe, alors qu’aujourd’hui je considère que c’est une des meilleures choses qui me soit arrivée. Je serais peut-être partie dans un cursus plus court, mais j’aurais peut-être regretté de ne pas avoir visé plus haut. Donc en fait, à mon moi d’il y a 10 ans, je crois que je ne dirai rien. Et je vais me contenter de travailler pour le moi de dans 10 ans.

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9gag

Tous les jours, je vais voir les “nouveautés” sur 9gag. Au milieu des repost, on peut parfois trouver quelques bonnes choses. Mais là où je m’énerve, c’est quand je vois la quantité de soi-disant blagues, sexistes ou homophobes, et le nombre de personnes qui les défendent.

Ça fait un moment que je pensais faire un dossier où j’enregistrerais chaque jour les pires images du genre. Heureusement, quelqu’un y a pensé bien avant moi : http://stfu9gag.tumblr.com

Aucun, c’est le nombre idéal

Tout a commencé par un riant matin d’octobre, dans une célèbre maternité parisienne. J’étais en train de m’extasier sur les doigts aussi petits que fonctionnels de ma première nièce, quand l’un de mes frères me demanda si je voulais des enfants. “Bah oui”, lui répondis-je sur le ton de l’évidence. Ce à quoi il répliqua par un haussement d’épaule et une phrase m’indiquant que s’il posait la question, c’est que ce n’était pas si évident que ce que je pensais.

Sur le coup, ce petit épisode ne m’a rien inspiré de particulier, mais il s’est avéré que ces trois phrases échangées ont continué de tourner dans ma tête par la suite. Je ne comprenais pas pourquoi mon frère m’avait posé cette question. Je n’allais devenir féministe que 2 ans plus tard et je ne lisais même pas encore Sexactu, le site qui m’a présenté les problématiques féministes bien avant que j’y accorde un intérêt quelconque. L’aliénation sociale qui pose la maternité comme le summum de la vie d’un femme était un concept qui me passait loin au-dessus de la tête. Toujours est-il que j’ai fini par me poser la question suivante : pourquoi est-ce que je voulais un enfant ?

Je n’ai pas trouvé de vraie réponse à l’époque. Aujourd’hui je sais au moins pourquoi je n’en veux pas.

Son enfant, c’est, selon la légende, l’être qu’on aime le plus au monde. Que veut-on pour cet être ? Le bonheur. Etant donné le monde dans lequel on vit, ça me semble être un objectif un peu trop difficile à atteindre pour que j’ai envie de prendre cette responsabilité.

Et puis le problème des parents, ce sont leurs attentes. Qu’elles soient imposées consciemment ou non d’ailleurs. A chaque fois qu’on se dit “si j’avais des enfants, je les éduquerais comme ceci” “je leur apprendrais cela”, on pose une attente et on s’expose à la déception. C’est inévitable. Alors que les pauvres gosses, ils ont bien le droit d’avoir leur propre personnalité, de faire leur propre choix, de choisir ce qui a de la valeur à leurs yeux. Les parents tracent une route plus ou moins large, plus ou moins bien dessinée, correspondant à leurs valeurs, leurs principes et leurs attentes. Une sanction – au sens large du terme, je considère le regard de désapprobation comme en étant une – attend toujours l’enfant qui s’en écarte de trop. Ce n’est pas forcément grave en soi, mais c’est quelque chose que moi je voudrais à tout prix éviter. Et comme je suis convaincue que c’est impossible, je préfère changer ma réponse à la question de mon frère.

Avatar

Avatar : le dernier maître de l’air est officiellement le dessin animé le plus cool du monde. C’est la série qui m’a fait dire à la fin de chaque épisode “not bad” et que j’ai terminé en hurlant que omg that was feucking awesome (c’est le problème de regarder une série en vost, on est persuadé qu’on n’a pas l’air con quand on s’exprime en anglais). Malgré son statut de cartoon pour enfant, l’histoire et les personnages sont travaillés, ils grandissent, changent, évoluent. C’est drôle même si parfois un peu enfantin, surtout au début, mais ça n’empêche pas de très beaux moments, autant du point de vue du scénario qu’à un niveau purement visuel.

Je suis donc actuellement dans la phase “recherche de fanart”, qui est dans l’ensemble extrêmement décevante. Tous les stéréotypes à côté desquels le dessin animé a réussi à passer, les fanarts s’empressent de tomber dedans. Je trouve ça dommage que Aang, petit, maigre et sensible, se retrouve automatiquement transformé en un grand homme musclé et au regard provocateur. Que Toph soit représentée comme une bombasse de jeux de baston, à l’exact opposé de la gamine indépendante et crasseuse qu’elle est. Que Zuko soit toujours puissant et sûr de lui alors qu’il ne cesse de douter et de se poser des questions.

Je sais bien que c’est le principe même du fanart, de réinterpréter, de dériver par rapport à l’original, mais quand on fait coller mille fois le même stéréotype au même personnage, ce type d’interprétation n’a plus rien de personnel. Pour une fois dans une série, les pires clichés sont évités avec brio, et je suis sure que ça a largement contribué au succès d’Avatar. Alors pourquoi s’empresser de remettre tout le monde dans ces petites cases qu’on connaît par cœur ? Certains fanart ont beau être très réussis, la moitié de leur intérêt se perd si les seuls éléments communs avec la série sont une flèche bleue sur un crâne rasé ou une jolie brune entourée d’eau.

Heureusement que Sokka et son jus de cactus sont là pour me consoler (mushy giant frieeend).

Hunger games – le livre

Je retire ce que j’ai dit dans mon précédent post.

J’aurai mieux fait de lire ce livre il y a longtemps. Très longtemps.

Peut-être qu’alors j’aurais trouvé ça moins nian-nian. Je trouvais que c’était l’un des gros points négatifs du film, alors qu’en fait, ça tient du miracle qu’il s’en tire aussi bien, vu son support d’origine. Je crois que quasiment tout ce que je déteste dans les romances pour ado est rassemblé dans ce bouquin. C’est pas compliqué, on se croirait dans un shojo. Avec tous les stéréotypes qui vont bien. La fille qui ne sait pas ce qu’elle veut ni qui elle aime, à comparer les deux mecs en permanence, qui se demande pourquoi son cœur bat si fort (nan mais… sérieusement ?). Et bordel, même le film avait réussi à éviter le raccourci “petit ami comme substitut du père absent” ! Le livre, lui, tombe en plein dedans. Elle s’endort dans les bras d’un mec trop faible pour se nourrir tout seul mais “jamais elle ne s’était sentie aussi protégée depuis la mort de son père”. Au secours.

Ça c’est pour la romance.

L’avantage du livre, c’est que les détails informent le lecteur bien mieux et avec bien plus de précision que le film. J’espérais donc en apprendre plus sur le monde de Hunger Games, et encore une fois ç’a été la grosse déception. Quelques lignes de dialogues permettent d’expliquer certaines choses qui paraissaient incohérentes dans le film, mais à part ça… Finalement, ç’a n’a pas dû être trop dur de rester le plus fidèle possible au bouquin : il n’y a quasiment aucune description. C’est une suite d’action, tout le long du livre. Tout bloc pouvant potentiellement dépasser les dix lignes est banni. Le président fait un discours devant le peuple tout entier, ça peut potentiellement être intéressant, informer un peu plus sur ce gouvernement si méchant et la façon dont il présente et justifie ses actions. Mais non, on n’en verra pas un mot. Par contre, on saura que l’héroïne se regarde passer à la télé.

C’est sûr que ça se lit bien. Vite, et bien. Il se passe toujours quelque chose, ça va à tout allure, et comme il suffit de quelques lignes pour que la situation change du tout au tout, forcément c’est difficile de s’arrêter. D’un autre côté, le suspens disparaît aussi vite qu’il est arrivé. Les descriptions longues et détaillées m’endorment, les phrases alambiquées m’embrouillent et m’empêchent d’accrocher à l’histoire, mais l’écriture à la Musso/Lévi dans de la SF, ça ne me semble pas particulièrement indiqué. Certains passages sont d’ailleurs très frustrants pour ça.

Bref, rien d’inoubliable. Quoique j’en dise dans cet article, j’ai passé un bon (mais court) moment (j’ai un petit peu mal pour mes 18€ quand même), mais il fallait que je laisse parler ma frustration, à la hauteur des espérances que j’avais dans cette série.

Maintenant je n’ai plus rien à lire, j’ai fini tous mes dramas en cours, je garde mes épisodes de WGM pour plus tard, et ma vie est creuse et vide de sens.

The Hunger Games

J’avais entendu parler de ce livre il y a suffisamment longtemps pour ne plus me souvenir ni où ni quand. Depuis, il était sur ma liste des “livres que je lirai un jour mais là tout de suite j’ai autre chose à faire”. Comme quoi j’ai bien fait de ne pas me jeter dessus à l’époque, ça m’évite aujourd’hui la déception de l’adaptation au cinéma. Par contre, Hunger Games a changé de liste et est passé dans la catégorie “à lire le plus tôt possible”. En attendant, je suis donc allée me faire une idée de ce qui m’attendait au cinéma.

Avec sa mauvaise fois habituelle, l’Odieux Connard relève très bien les “quelques” défauts du scénario (avec une référence aux lapins de la forêt de Rambouillet, ça ne s’invente pas) , notamment le côté prévisible de l’affaire. Je rajouterais bien quelques petites commentaires désagréables sur les caméras qu’on secoue dans tous les sens comme-ça-tu-vois-rien-mais-tu-comprends-qu’il-y-a-de-l’action, mais bon, on est féministe ou on ne l’est pas, moi ce qui m’a marqué c’est l’héroïne.

On a ENFIN une vraie héroïne, qui n’est pas faible, qui sait ce qu’elle veut, ce qu’elle vaut, qui n’a pas besoin de la protection d’un homme, qui prend ses propres décisions… Bien sûr on n’échappe pas à quelques petits clichés : elle est belle, et c’est grâce à sa beauté et à sa petite histoire d’amour qui la rend désirable (dixit un personnage du film) qu’elle séduit le public. Dommage pour son talent à l’arc (les filles du film utilisent beaucoup les armes de jet. Encore un joli stéréotype, la fille qui compense son manque de force par une adresse hors du commun…).

Toujours est-il que ça fait du bien de voir ça au cinéma, dans un film à succès qui plus est. Il y a bien des moments dégoulinant de niaiserie (qui passent surement très bien dans le livre, mais là on vomit ses pop-corns en gerbes arc-en-ciel), mais c’est l’homme le sentimental du couple. Elle, on se doute qu’elle l’aime bien, mais on ne sait pas si elle ne jouerait pas au mignon petit couple avec derrière la tête l’espoir d’attirer des sponsors. C’est elle qui le protège, c’est elle qui le sauve. Les stéréotypes sont inversés. On se dit que ce garçon ne sert pas à grand chose, à part apporter une touche de romance. Le genre de réflexion qu’on réserve d’ordinaire aux rôles féminins.

Or l’héroïne joue les amoureuses avec ce garçon qui ne sert à rien. Et encore une fois, ça fait du bien que le modèle masculin présenté ne soit pas l’archétype viril/protecteur/figure paternelle, mais qu’il soit tout de même considéré comme un homme désirable aux yeux d’une fille plus forte que lui. A voir si le réalisateur du prochain film va réussir à maintenir ce cap.

I am not confident

I am not confident.

I know I am smart, but not in the ways that count.

I read people much better than books but I never have the words to explain my findings.

I’m only as funny as I feel, and I do not think I’m pretty.

I sometimes walk with my head down.

My posture is terrible.

I think horrible things about people and I let my emotions get the best of me.

I’m really not as nice as I’d like to be, or as innocent as you’d think I am.

I am a perfectionnist.

I am a contradiction to everything I want to stand for.

I’m a big dreamer with little motivation.

I am really no good at all, on my own.

But I am analytical with myself.

And I don’t understand how anyone could ever be cocky or proud when they are aware of all the disgusting things they think and do, but no one knows.

We’re all broken enough to be humble.