Dix ans

Un peu paumée dans mon orientation professionnelle, je repensais à ce que je disais quand j’étais petite. “Moi plus tard, je ne veux pas travailler dans un bureau. Je travaillerai avec des animaux”. Or, “moi plus tard” travaille dans un bureau et ne rêve que de le quitter pour aller bosser avec des animaux. Comme quoi, j’ai probablement merdé quelque part. Je repensais donc à ces lettres “à mon moi d’il y a 10 ans”, et j’essayais d’imaginer ce que je me dirai si je pouvais aller à ma rencontre dans le passé. Mais quel conseil on peut se donner ? Un conseil viserait à éviter une situation déplaisante, ce qui veut dire qu’il y a certaines situations que j’ai vécu et que je voudrais éviter.

Alors oui, dans l’idéal, je ne me serais pas lancée dans des études longues et inintéressantes, mais dans les faits, ça m’a quand même apporté plein de choses. Je n’aurais certes pas rencontré des gens tellement machistes qu’on les croirait sorti du siècle dernier, mais du coup je ne serais pas devenue féministe, alors qu’aujourd’hui je considère que c’est une des meilleures choses qui me soit arrivée. Je serais peut-être partie dans un cursus plus court, mais j’aurais peut-être regretté de ne pas avoir visé plus haut. Donc en fait, à mon moi d’il y a 10 ans, je crois que je ne dirai rien. Et je vais me contenter de travailler pour le moi de dans 10 ans.

9gag

Tous les jours, je vais voir les “nouveautés” sur 9gag. Au milieu des repost, on peut parfois trouver quelques bonnes choses. Mais là où je m’énerve, c’est quand je vois la quantité de soi-disant blagues, sexistes ou homophobes, et le nombre de personnes qui les défendent.

Ça fait un moment que je pensais faire un dossier où j’enregistrerais chaque jour les pires images du genre. Heureusement, quelqu’un y a pensé bien avant moi : http://stfu9gag.tumblr.com

Ma cellulite vous salue

Je n’aime pas les régimes. Voir en permanence des pubs mettant en valeur la minceur et le bonheur que seul un IMC à 18 peut procurer m’énerve au plus haut point.

Les innombrables programmes minceurs qui paraissent tant dans des livres que dans des magazines n’ont jamais réussi qu’une seule chose : ancrer des clichés et culpabiliser les femmes sur leur poids. La fille mince est belle, donc forcément superficielle puisqu’elle ne pense qu’à son régime. La fille grosse est moche et elle le mérite, puisque c’est une fainéante qui n’est même pas capable de maigrir malgré les bons conseils qu’on ne cesse de lui donner (“numéro spécial ! Maigrir sans peine : 10kg en moins avant le début de l’été !”).

Comment être à l’aise avec son poids quand les adjectifs “gros” et “maigre” sont considérés comme des insultes ?

Alors forcément, quand Madmoizelle parle d’un régime consistant à simplement apprendre à écouter son corps pour trouver son poids d’équilibre, ça me met en joie.

Aucun, c’est le nombre idéal

Tout a commencé par un riant matin d’octobre, dans une célèbre maternité parisienne. J’étais en train de m’extasier sur les doigts aussi petits que fonctionnels de ma première nièce, quand l’un de mes frères me demanda si je voulais des enfants. “Bah oui”, lui répondis-je sur le ton de l’évidence. Ce à quoi il répliqua par un haussement d’épaule et une phrase m’indiquant que s’il posait la question, c’est que ce n’était pas si évident que ce que je pensais.

Sur le coup, ce petit épisode ne m’a rien inspiré de particulier, mais il s’est avéré que ces trois phrases échangées ont continué de tourner dans ma tête par la suite. Je ne comprenais pas pourquoi mon frère m’avait posé cette question. Je n’allais devenir féministe que 2 ans plus tard et je ne lisais même pas encore Sexactu, le site qui m’a présenté les problématiques féministes bien avant que j’y accorde un intérêt quelconque. L’aliénation sociale qui pose la maternité comme le summum de la vie d’un femme était un concept qui me passait loin au-dessus de la tête. Toujours est-il que j’ai fini par me poser la question suivante : pourquoi est-ce que je voulais un enfant ?

Je n’ai pas trouvé de vraie réponse à l’époque. Aujourd’hui je sais au moins pourquoi je n’en veux pas.

Son enfant, c’est, selon la légende, l’être qu’on aime le plus au monde. Que veut-on pour cet être ? Le bonheur. Etant donné le monde dans lequel on vit, ça me semble être un objectif un peu trop difficile à atteindre pour que j’ai envie de prendre cette responsabilité.

Et puis le problème des parents, ce sont leurs attentes. Qu’elles soient imposées consciemment ou non d’ailleurs. A chaque fois qu’on se dit “si j’avais des enfants, je les éduquerais comme ceci” “je leur apprendrais cela”, on pose une attente et on s’expose à la déception. C’est inévitable. Alors que les pauvres gosses, ils ont bien le droit d’avoir leur propre personnalité, de faire leur propre choix, de choisir ce qui a de la valeur à leurs yeux. Les parents tracent une route plus ou moins large, plus ou moins bien dessinée, correspondant à leurs valeurs, leurs principes et leurs attentes. Une sanction – au sens large du terme, je considère le regard de désapprobation comme en étant une – attend toujours l’enfant qui s’en écarte de trop. Ce n’est pas forcément grave en soi, mais c’est quelque chose que moi je voudrais à tout prix éviter. Et comme je suis convaincue que c’est impossible, je préfère changer ma réponse à la question de mon frère.

Avatar

Avatar : le dernier maître de l’air est officiellement le dessin animé le plus cool du monde. C’est la série qui m’a fait dire à la fin de chaque épisode “not bad” et que j’ai terminé en hurlant que omg that was feucking awesome (c’est le problème de regarder une série en vost, on est persuadé qu’on n’a pas l’air con quand on s’exprime en anglais). Malgré son statut de cartoon pour enfant, l’histoire et les personnages sont travaillés, ils grandissent, changent, évoluent. C’est drôle même si parfois un peu enfantin, surtout au début, mais ça n’empêche pas de très beaux moments, autant du point de vue du scénario qu’à un niveau purement visuel.

Je suis donc actuellement dans la phase “recherche de fanart”, qui est dans l’ensemble extrêmement décevante. Tous les stéréotypes à côté desquels le dessin animé a réussi à passer, les fanarts s’empressent de tomber dedans. Je trouve ça dommage que Aang, petit, maigre et sensible, se retrouve automatiquement transformé en un grand homme musclé et au regard provocateur. Que Toph soit représentée comme une bombasse de jeux de baston, à l’exact opposé de la gamine indépendante et crasseuse qu’elle est. Que Zuko soit toujours puissant et sûr de lui alors qu’il ne cesse de douter et de se poser des questions.

Je sais bien que c’est le principe même du fanart, de réinterpréter, de dériver par rapport à l’original, mais quand on fait coller mille fois le même stéréotype au même personnage, ce type d’interprétation n’a plus rien de personnel. Pour une fois dans une série, les pires clichés sont évités avec brio, et je suis sure que ça a largement contribué au succès d’Avatar. Alors pourquoi s’empresser de remettre tout le monde dans ces petites cases qu’on connaît par cœur ? Certains fanart ont beau être très réussis, la moitié de leur intérêt se perd si les seuls éléments communs avec la série sont une flèche bleue sur un crâne rasé ou une jolie brune entourée d’eau.

Heureusement que Sokka et son jus de cactus sont là pour me consoler (mushy giant frieeend).

Oh du changement !

Ça faisait un moment que je voulais changer un peu tout ça, changer de thème, remettre une bannière, donc j’en profite d’être assez présente en ce moment pour le faire.

Pour l’occasion, j’ai voulu faire une nouvelle bannière. Je suis assez déçue du résultat, et puis je n’avais pas prévu qu’elle ne s’adapterait pas du tout aux dimensions exigées, mais en attendant que je me motive à trouver une nouvelle idée, ça ira bien hein.

Merry – Beautiful Freaks

Ouuh, ça fait longtemps qu’on a pas parlé musique sur ce blog. Trèèèès longtemps. Juin 2010, il parait ! (juin 2011 si on compte ça, mais on ne peut pas dire que je me sois étalée sur le sujet) Il était temps de s’y remettre ! Faut dire qu’entre les vocaloids et le niveau terriblement inégal des albums, et la k-pop où l’intérêt principal s’appelle Kim Hyun Joong ou Jung Yong Hwa, j’avais pas grand chose à dire sur le sujet.

Heureusement que Merry est là !

Un bon groupe, Merry, mais dont je ne suis pas vraiment les sorties : je déteste leurs singles de façon aussi systématique que j’aime leurs albums. Résultat, je découvre Beautiful Freaks quasiment un an après sa sortie. D’habitude, les nouveaux albums de Merry, je les écoute en boucle les 2-3 jours qui suivent sa sortie, puis je passe à autre chose et je ne les réécoute plus jamais, ou peu s’en faut. Ce n’est pas que je n’aime pas, bien au contraire, mais c’est juste que leur musique est fatigante. Pas de pauses, pas d’espace, aucun temps mort pour respirer, les oreilles sont saturées de sons en permanence. On aime quand on écoute, mais une fois que ça s’arrête, on n’aspire plus qu’à une chose : le calme.

Eh bien pas avec Beautiful Freaks. Les pistes “bruyantes” alternent avec d’autres plus calmes, où on peut de nouveau entendre ses pensées, ce qui permet de les apprécier bien plus que si elles s’enchaînaient toutes comme dans Under-World, album que je n’écouterais probablement plus jamais, rapport à la migraine atroce qui avait suivi son écoute.

Ecouter Merry me demande généralement un effort tenant du sado-masochisme, type “je vais en chier, mais je vais aimer ça”. Cet album me réconcilie avec cet aspect peu engageant du groupe. Ils ont enfin sorti un album depuis Nu Chemical Rhetoric que je vais pouvoir sortir en me disant “tiens, si j’écoutais un peu de Merry, pour le plaisir ?”

Wake up

Matrix a été pour moi une obsession plus grande encore que Harry Potter (facile) et même que du Seigneur des Anneaux (eh ouais). Que ce soit le film en lui même, ou bien le simple fait que Neo soit tout de même plus de mon âge qu’Aragorn, toujours est-il que je connaissais ce film par cœur. Ses plans, ses dialogues, ses musiques…

Ça m’avait fait réfléchir à quelques petites choses. Rien de bien profond, qu’on se rassure, mais je me souviens qu’une réponse de Morpheus à Neo (“…alors le réel n’est seulement qu’un signal électrique interprété par ton cerveau”) m’avait quand même un peu remué les méninges.

Mais jamais JAMAIS je n’avais songé que Matrix n’était qu’en fait une fable anarchiste pleine de métaphores même pas subtiles.

Sortir du système, prison pour l’esprit. Libérer son esprit, sortir de cette passivité qui rend complice. Tout y est.

Mind fuck.