9gag

Tous les jours, je vais voir les “nouveautés” sur 9gag. Au milieu des repost, on peut parfois trouver quelques bonnes choses. Mais là où je m’énerve, c’est quand je vois la quantité de soi-disant blagues, sexistes ou homophobes, et le nombre de personnes qui les défendent.

Ça fait un moment que je pensais faire un dossier où j’enregistrerais chaque jour les pires images du genre. Heureusement, quelqu’un y a pensé bien avant moi : http://stfu9gag.tumblr.com

Ma cellulite vous salue

Je n’aime pas les régimes. Voir en permanence des pubs mettant en valeur la minceur et le bonheur que seul un IMC à 18 peut procurer m’énerve au plus haut point.

Les innombrables programmes minceurs qui paraissent tant dans des livres que dans des magazines n’ont jamais réussi qu’une seule chose : ancrer des clichés et culpabiliser les femmes sur leur poids. La fille mince est belle, donc forcément superficielle puisqu’elle ne pense qu’à son régime. La fille grosse est moche et elle le mérite, puisque c’est une fainéante qui n’est même pas capable de maigrir malgré les bons conseils qu’on ne cesse de lui donner (“numéro spécial ! Maigrir sans peine : 10kg en moins avant le début de l’été !”).

Comment être à l’aise avec son poids quand les adjectifs “gros” et “maigre” sont considérés comme des insultes ?

Alors forcément, quand Madmoizelle parle d’un régime consistant à simplement apprendre à écouter son corps pour trouver son poids d’équilibre, ça me met en joie.

Aucun, c’est le nombre idéal

Tout a commencé par un riant matin d’octobre, dans une célèbre maternité parisienne. J’étais en train de m’extasier sur les doigts aussi petits que fonctionnels de ma première nièce, quand l’un de mes frères me demanda si je voulais des enfants. “Bah oui”, lui répondis-je sur le ton de l’évidence. Ce à quoi il répliqua par un haussement d’épaule et une phrase m’indiquant que s’il posait la question, c’est que ce n’était pas si évident que ce que je pensais.

Sur le coup, ce petit épisode ne m’a rien inspiré de particulier, mais il s’est avéré que ces trois phrases échangées ont continué de tourner dans ma tête par la suite. Je ne comprenais pas pourquoi mon frère m’avait posé cette question. Je n’allais devenir féministe que 2 ans plus tard et je ne lisais même pas encore Sexactu, le site qui m’a présenté les problématiques féministes bien avant que j’y accorde un intérêt quelconque. L’aliénation sociale qui pose la maternité comme le summum de la vie d’un femme était un concept qui me passait loin au-dessus de la tête. Toujours est-il que j’ai fini par me poser la question suivante : pourquoi est-ce que je voulais un enfant ?

Je n’ai pas trouvé de vraie réponse à l’époque. Aujourd’hui je sais au moins pourquoi je n’en veux pas.

Son enfant, c’est, selon la légende, l’être qu’on aime le plus au monde. Que veut-on pour cet être ? Le bonheur. Etant donné le monde dans lequel on vit, ça me semble être un objectif un peu trop difficile à atteindre pour que j’ai envie de prendre cette responsabilité.

Et puis le problème des parents, ce sont leurs attentes. Qu’elles soient imposées consciemment ou non d’ailleurs. A chaque fois qu’on se dit “si j’avais des enfants, je les éduquerais comme ceci” “je leur apprendrais cela”, on pose une attente et on s’expose à la déception. C’est inévitable. Alors que les pauvres gosses, ils ont bien le droit d’avoir leur propre personnalité, de faire leur propre choix, de choisir ce qui a de la valeur à leurs yeux. Les parents tracent une route plus ou moins large, plus ou moins bien dessinée, correspondant à leurs valeurs, leurs principes et leurs attentes. Une sanction – au sens large du terme, je considère le regard de désapprobation comme en étant une – attend toujours l’enfant qui s’en écarte de trop. Ce n’est pas forcément grave en soi, mais c’est quelque chose que moi je voudrais à tout prix éviter. Et comme je suis convaincue que c’est impossible, je préfère changer ma réponse à la question de mon frère.