Parce que personne n’aime se couper le doigt avec un bout de papier

Quand je dis que je suis féministe, les gens sont surpris. Tout le temps. Parce que les féministes, ce sont des femmes qui chipotent sur des bêtises, qui parlent fort, qui militent contre les hommes, qui voient le mal partout, et apparemment, ça ne colle pas à l’image qu’on a de moi (c’est toujours ça de gagné, me dira-t-on).

Suis généralement la phase où je tente de m’expliquer. C’est dur de s’expliquer sur quelque chose qui nous parait évident.  Pourquoi la Terre est ronde ? Pourquoi le soleil se lève à l’est ? Pourquoi es-tu féministe ? A chaque fois, je regrette de ne rien trouver d’autre à dire que l’égalité des salaires, alors que je voudrais justement faire comprendre que les salaires ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Parce que les jouets pour fille sont roses, parce que ma nièce veut être une princesse, parce que les magazines féminins font des numéros spécial régime, parce qu’on ne met pas une robe comme on met un pantalon, parce que ma bouilloire s’appelle Justine (true story)…

Dans ce post, un homme raconte l’anecdote qui lui a fait comprendre quel genre de discrimination subissaient les femmes. Il dit à ce propos : “These were moments that didn’t hit me over the head like rape or domestic violence, but they were the discriminatory equivalent of a paper cut: annoying, painful, and persistent.” (ce qui signifie plus ou moins : ces moments ne m’ont pas choqué comme le viol ou la violence conjugale, mais ils sont l’équivalent discriminatoire d’une coupure au papier : agaçants, douloureux, et continuels.)

Et c’est exactement ça.

 

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