Le bio c’est pas beau

(parce qu’après “la montagne ça vous gagne” et “le cheval c’est génial”, je commence à ne plus avoir honte de mes rimes pourries)

Tout le monde connaît à peu près les avantages du bio. L’agriculture biologique c’est comme les OGM mais à l’envers : on en entend parler qu’en bien. Surtout maintenant que les prix commencent à devenir accessibles au commun des mortels.

Alors certes, c’est bien agréable de ne pas retrouver pesticides et antibiotiques dans son assiette. Mais faut arrêter de croire que le bio est la solution miracle à tous les problèmes liés à l’alimentation. Il n’y a rien de plus agaçant que ces gens qui ne jurent que par le bio sans rien connaître de ce qu’il existe à côté (si tant est qu’ils connaissent ce qui se cache derrière le label AB).

Déjà, parlons rendements. Prenez la production moyenne nationale d’à peu près n’importe quelle culture, divisez par 2, voire par 3. Voila déjà une bonne raison pour laquelle le bio n’a pas d’avenir à grande échelle : avec la population mondiale en constante augmentation, la grande problématique est de savoir comment nourrir tout ce beau monde, c’est-à-dire produire plus sur un espace plus réduit (faut bien construire les logements quelques part hein).

A ce propos, on m’a déjà fait une remarque : “l’agriculture dite conventionnelle (non bio) appauvris les sols. En continuant ainsi, arrivera un moment où plus rien ne pourra pousser correctement de toute façon”. Sauf que, sans fertilisation des sols, jachère ou rotation adéquate, les sols s’appauvrissent forcément, agriculture biologique ou non. A priori, seule la méthode de fertilisation est différente. Et encore. L’un de mes stages a eu lieu dans une exploitation conventionnelle où aucun engrais n’était jamais utilisé – alors même que l’environnement était le cadet de leur soucis. Ils jouaient juste sur les apports de fumier et la rotation des cultures. Comme du bio, en fait.

On m’a dit aussi que les fruits et légumes issus de l’agriculture bio avaient plus de goût. Il peut y avoir deux raisons. L’une d’entre elle est, qu’effectivement, quand on pousse un fruit à grandir plus et plus vite, il perd du goût. L’autre raison, c’est tout simplement la variété. Les variétés qu’on trouve en supermarché ne sont pas sélectionnées pour leur goût, mais pour leur aspect. Il faut que ce soit joli, bien lisse et bien propre malgré le voyage entre le champ et le supermarché, parce que pas un seul client n’achèterait une carotte tordue ou une pomme avec des tâches sombres un peu suspectes.

Ce qui est triste, au final, c’est la séparation qui est faite entre le bio et le conventionnel. A chaque fois qu’un adulte a envie de me faire parler, sachant que je suis dans le milieu agricole, il me demande ce que je pense du bio. Inévitablement, si je n’en dis pas que du bien je passe pour la méchante, comme s’il n’y avait aucune différence entre agriculture extensive et intensive, comme si l’agriculture raisonnée n’existait pas. Alors que cette dernière représente probablement la seule solution viable à long terme. Avec les OGM. Et je trolle à peine.

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